Les cartes Anki et AnkiEDN : mémoriser le programme carte par carte
Ce qui fait une bonne carte mémoire, quoi en faire et quoi laisser, le rythme qui tient, et comment AnkiEDN range vos cartes par item et par boîte sur Médecine.io, avec l'import depuis Anki et les cartes proposées par le Professeur.
Une carte, une question, une réponse
Une carte mémoire porte une question au recto et sa réponse au verso. On lit la question, on cherche la réponse dans sa tête, on retourne la carte, et on dit honnêtement si l'on savait. C'est le geste le plus simple qui soit, et l'un des plus efficaces : il oblige à se rappeler au lieu de relire, et il se prête à la répétition espacée, puisque chaque carte peut revenir au moment où l'on commence à l'oublier.
Le système des boîtes, imaginé par Sebastian Leitner dans les années 1970, organise ce retour : une carte sue monte d'une boîte et revient moins souvent, une carte ratée redescend dans la première et revient vite. Le logiciel Anki, gratuit et très répandu chez les étudiants en médecine, fait la même chose avec un calcul d'intervalles ; AnkiEDN, sur Médecine.io, le fait avec des boîtes, en liant chaque carte aux items du programme.
Ce qui fait une bonne carte
- Une seule notion par carte. « Quel est le seuil de pression artérielle qui définit une HTA sévère ? » vaut mieux que « Décrire l'HTA ». Une carte à plusieurs réponses se rate à moitié, et l'on ne sait jamais quoi en faire.
- Une question précise, une réponse courte. Un chiffre, un nom, un critère, un mécanisme en une phrase. Si la réponse dépasse trois lignes, c'est plusieurs cartes.
- Vos mots. Une carte copiée telle quelle d'un cours se retient moins bien qu'une carte reformulée : la rédaction fait partie de l'apprentissage.
- Le texte à trous. Reprendre une phrase du cours en y cachant le mot qui compte (« L'antidote du paracétamol est la … ») fait une carte rapide à écrire et sans ambiguïté.
- Une image quand c'est l'image qu'il faut reconnaître. Un tracé d'ECG, une radiographie, une lésion cutanée : la question est l'image, la réponse son diagnostic.
- Le contexte au dos. Une ligne de rappel sous la réponse (l'item, pourquoi c'est vrai, le piège associé) transforme la correction en mini-révision.
Que transformer en cartes, et quoi laisser
Les cartes servent à ce qui se retient par cœur et s'oublie vite : seuils, posologies, délais, critères diagnostiques, classifications, examens de première intention, contre-indications, effets indésirables caractéristiques, associations piège. Elles ne remplacent pas la compréhension d'un item : un raisonnement, une physiopathologie, une démarche s'apprennent dans le cours et dans les dossiers, et c'est ensuite que les cartes en fixent les points durs.
Le bon moment pour écrire des cartes est juste après un rappel : ce que l'on n'a pas su retrouver à J1 ou J3 (voir la méthode des J), ce que l'on a raté à un QCM. Une carte sur ce que l'on sait déjà coûte des révisions pour rien. Le rang A de chaque item passe avant le rang B : sa liste de connaissances dit ce qui mérite une carte.
Le rythme
- Tous les jours, dix à vingt minutes. Les cartes dues s'accumulent vite : une session courte chaque jour vaut mieux qu'une grande le week-end.
- Peu de cartes nouvelles à la fois. Chaque carte créée est une dette de révisions à venir. Dix à vingt nouvelles cartes par jour suffisent ; au-delà, les séances s'allongent et l'on décroche.
- Juger honnêtement. Une réponse « presque » sue est une réponse ratée : la carte doit redescendre, sinon elle reviendra trop tard.
- Élaguer. Une carte qu'on rate toujours est mal écrite : la couper en deux ou la reformuler. Une carte qu'on sait sans effort depuis des mois peut être retirée.
- Réviser par thème avant un stage ou un examen, puis revenir aux cartes dues : le système ne vaut que si la file est suivie.
AnkiEDN sur Médecine.io
AnkiEDN est le système de cartes de Médecine.io, intégré au programme : chaque carte porte ses étiquettes, un item, une matière, vos propres mots-clés, et se retrouve depuis la page de l'item.
- Les boîtes. Une carte nouvelle est dans la première boîte. À chaque session, « Je savais » la monte d'une boîte et « Je ne savais pas » la renvoie dans la première. Les échéances s'allongent de boîte en boîte : tout de suite, vingt minutes, une heure, dix heures, un jour, trois jours, une semaine, deux semaines, puis un mois à partir de la neuvième. On peut aussi garder une carte dans sa boîte, la faire redescendre d'une seule, ou la revoir dans longtemps.
- Les sessions. Toutes les cartes dues, ou seulement celles d'un item, d'une matière, d'une étiquette personnelle ou d'une boîte : de quoi réviser une carte à la fois, ou retravailler un chapitre avant un stage.
- La création. Un éditeur pour la question et la réponse (mise en forme, listes, tableaux ; images pour les abonnés Premium), les étiquettes choisies dans le programme. Un abonné à une offre IA peut demander des cartes au Professeur à partir d'un sujet ou d'un extrait de cours : il les propose, et vous gardez celles qui vous conviennent, retouchées à votre goût. Depuis une fiche du Professeur, un passage se transforme en carte d'un clic.
- L'import depuis Anki. Un paquet exporté d'Anki en texte s'importe tel quel, avec ses étiquettes ; les images, qui restent sur votre ordinateur, ne suivent pas.
- Les statistiques. Le vocabulaire d'Anki : cartes nouvelles, en apprentissage (boîtes 1 à 4, revues dans la journée), jeunes (boîtes 5 à 8), mûres (à partir de la neuvième) ; révisions réussies et ratées jour par jour. Les bilans du Professeur reprennent ces chiffres.
- Les offres. Un compte gratuit crée jusqu'à 150 cartes ; les abonnés Premium n'ont pas de limite et peuvent y mettre des images.
Anki ou AnkiEDN ?
Les deux marchent, et c'est la régularité qui fait la différence, pas l'outil. Anki est un logiciel libre, utilisable hors connexion, avec des paquets partagés par d'autres étudiants et des réglages fins d'intervalles. AnkiEDN vit dans le site : les cartes sont rangées par item et par matière, se révisent depuis la page d'un item, comptent dans les bilans, et le Professeur peut en proposer. Si vous avez déjà des cartes dans Anki, l'import vous évite de recommencer. Dans tous les cas, un seul système à la fois : deux files de cartes dues, c'est deux fois plus de retard.
À retenir
- Une carte mémoire oblige à se rappeler au lieu de relire ; les boîtes de Leitner font revenir chaque carte au bon moment.
- Une notion par carte, une question précise, une réponse courte, écrite avec vos mots ; les textes à trous et les images font de très bonnes cartes.
- Des cartes pour ce qui s'oublie (seuils, posologies, critères, pièges), écrites juste après un rappel raté ; jamais pour ce que l'on sait déjà.
- Dix à vingt minutes par jour, peu de cartes nouvelles, un jugement honnête, et des cartes élaguées.
- AnkiEDN : neuf boîtes de « tout de suite » à un mois, des sessions par item, matière, étiquette ou boîte, l'import depuis Anki, des statistiques, 150 cartes en gratuit, sans limite en Premium.
- Leitner S., So lernt man lernen, 1972 (le système des boîtes).
- Roediger H. L. et Karpicke J. D., Test-enhanced learning, Psychological Science, 2006 (se rappeler plutôt que relire).
- Anki, le logiciel de cartes mémoire (site officiel).
Un planning qui applique la méthode des J, les 367 items et leurs connaissances de rang A et B, les annales, des QCM et les situations de départ des ECOS.
